Marché automobile / digital

Le marché des véhicules neufs : chute structurelle malgré quelques signaux

 

L’année 2025 restera comme une des plus difficiles pour les ventes de voitures neuves en France. Les chiffres AAA Data confirment un recul du marché français avec :

  • 1 632 154 véhicules particuliers neufs immatriculés sur l’année, soit une baisse d’environ 5 % par rapport à 2024, dans un contexte déjà baissier des dernières années.

  • En décembre 2025, dernière mensualité comptabilisée, les immatriculations continuent de reculer : –5,8 % par rapport à décembre 2024, et même –10,1 % corrigé des jours ouvrés.

Quelles tendances derrière ces chiffres ?

 

  • Le recul touche presque tous les segments, notamment les voitures thermiques classiques et certaines marques du groupe Stellantis, qui affichent des pertes importantes sur l’année.

  • La transition énergétique continue de structurer le marché : la part des véhicules électriques progresse, représentant près de 20 % du marché neuf et même jusqu’à plus de 24 % en fin d’année, grâce aux incitations environnementales et à l’élargissement du catalogue électrique des constructeurs.

  • Les hybrides et électriques continuent d’attirer au détriment des thermiques classiques, bien que la croissance reste lente face à des achats de modèles d’occasion plus avantageux économiquement.

Au total, malgré quelques mois positifs (comme octobre 2025 où AAA Data note une croissance saisonnière des immatriculations grâce au verdissement des flottes), l’année 2025 marque une tendance globale négative pour le neuf, symptomatique d’un marché contraint par des prix élevés, l’incertitude des consommateurs et la complexification du mix énergétique des offres.

Le marché des véhicules d’occasion : stabilisation sans éclat

 

Le segment des voitures d’occasion a connu une année moins dramatique que celui du neuf, se terminant dans le vert, mais de façon très marginale :

  • En 2025, 5 437 041 véhicules d’occasion ont été vendus en France, soit une hausse limitée d’environ 0,7 % par rapport à 2024.

  • Le marché est fluctuant, marqué par des montagnes russes mensuelles mais qui finit l’année légèrement positif.

Quelles tendances derrière ces chiffres ?

 

Vieillissement du parc et préférence pour les modèles anciens
  • Les véhicules de plus de 16 ans gagnent du terrain, avec une progression significative des transactions sur ces tranches d’âge.

  • À l’inverse, les véhicules de moins de 5 ans se vendent moins bien, accentuant le vieillissement du parc automobile moyen, qui atteint désormais environ 11,5 ans.

Motorisations historiques toujours dominantes
  • Le thermique (essence et diesel) demeure largement majoritaire dans la circulation des occasions, représentant plus de 80 % du volume des transactions.

  • Les motorisations plus « propres » (hybrides et électriques) progressent, mais restent minoritaires dans le volume global comparé aux anciens thermiques.

Changements dans les préférences de marque
  • La part des marques françaises reste forte (près de la moitié des transactions), mais les marques étrangères — notamment allemandes — progressent significativement.

  • Les marques chinoises, bien que toujours marginales sur l’occasion, enregistrent des croissances très élevées en pourcentage, signe d’un intérêt croissant pour ces offres alternatives.

En conclusion, 2025 aura donc confirmé une tendance baissière sur le marché des véhicules neufs, impactée par une conjoncture économique tendue, des prix en hausse, des politiques d’incitation énergie complexes et une prudence accrue des acheteurs.
À l’inverse, le marché de l’occasion reste résilient, tiré par des volumes stables et une demande orientée vers des modèles plus anciens, malgré un léger rajeunissement des motorisations hybrides et électrifiées.